Jeunes Femmes c'est ainsi la Dame, sa grand-mère, nous accueillait ses filles et ses belles-filles troupeau bruissant et cancanant en cuisine. Toujours en retard, jamais pressée, elle y préparait des repas pantagruéliques, parce que les hommes "çà mange". Enfin, la table dressée et les plats fumants, Ils pouvaient nous rejoindre, rajoutant leurs éclats à nos rires.
Puis des ventres se sont arrondis, des chaises hautes glissaient et s'accrochaient aux rainures du carrelage, une rallonge puis deux, sont rajoutées à la table familiale, et la nappe tellement fleurie "qu'on s'y roulerait dedans" qui se dépliait comme par magie.
Et la piscine, fierté de ton grand-père, et cet été particulier où ta mère et moi surveillons vos aînés, assises en tailleur, nos nids-ventrons bien calés entre nos genoux, comparant nos rondeurs, ignorant ce qu'ils renfermaient fille ou garçon, et puis levant la tête, comptant nos moutons et, criant vieille rengaine, "on-ne-court-pas-autour-de-la-piscine !".
Et tu es apparue jolie petite Lise, m'a faite marraine par un jour tardif de nativité, grossissant le cheptel de marmots, disparaissant sous des lits, ou dans votre planque, vous déguisant, chantant, courant, jouant. Et tu as grandi, vous avez grandis, et ajouté votre grain de sel à cette mer de folie.
Car déjà se dessinaient vos originalités, personnalités trempées dans la fragilité, graines de femmes fortes, de belles personnes. Déjà nous le devinions, les filles étaient des artistes, solidaires et respectueuses, différentes et extraverties, à chacune son domaine.
Et puis il y eut ce 16 août de canicule, et nos volutes anisées enfumant Mercure, allongés sur des transats entre rires et larmes nous lancions des "tu te souviens" des "quand j'étais petits" et des "c'était bien". En quelques nuits ces enfants dispersés se sont su unis pour la vie, et sont devenus adultes. Je suis fière d'avoir pu assister à l'éclosion soudaine de leur maturité.
Tu t'en es allée, tu as pris ton envol pour inscrire ton nom en lettres capitales, te faire ta place vivre ta vie d'artiste, et y poser tes valises.
A mon tour aujourd'hui de t'adouber, et de t'anoblir du titre de Jeune Femme.
Alors si je suis parvenue à vous donner l'envie de connaître cette belle personne, allez donc faire un petit tour sur Youtube, vous y trouverez "who is Lise", et si vous voulez avoir la réponse il vous faudra voir "les valises de Lise"
très bel article, un peu nostalgique mais pas triste, et Lise est une Jeune Femme très douée. A bientôt.
RépondreSupprimerLa nostalgie du passé, de ce qui n'est plus et que l'on se remémore avec tendresse, et la joie du présent. Merci pour elle, qui le mérite !
RépondreSupprimerTrès joli texte !
RépondreSupprimerLa Muse est si jolie !
RépondreSupprimermille baisers Marraine
RépondreSupprimerJe n'ai pu m'empêcher de relire ce texte à voix haute, comme pour essayer de lui donner toute sa dimension.
RépondreSupprimerJe suis celle qui, un jour, a reçu un petit mot de cette fameuse Lise, et je peux le dire, quand on est amené à croiser sa route, on n'en ressort pas indifférent.
Aujourd'hui, elle fait exister une image qui n'était jusqu'à lors que le fruit de mon imagination.
Et c'est fantastique.
@ Baisers ma Lise
RépondreSupprimerMerci à toi
Merci pour elle